Louise Labé (1524-1566)  

Louise Labé est née à Lyon vers 1524. On ne sait avec certitude que très peu sur sa vie. Elle est issue d'une famille bourgeoise. Il est sûr qu'elle a reçu une éducation exceptionnelle à une époque où la culture était réservée aux hommes et surtout aux gens "de bonne naissance" : non seulement elle apprend le latin, l'italien, le grec et la musique, mais elle pratique aussi l'escrime, habituellement réservée aux hommes. On raconte qu'elle s'habillait parfois en homme pour monter à cheval et participer à des jeux de joutes.  

Ses Oeuvres paraissent en 1555, par privilège accordé par le roi, et connaissent un vif succès. L'ouvrage contient un texte en prose, "Le Débat de folie et d'amour ", trois élégies et vingt-quatre sonnets. Dans l'épître dédicatoire de ses Oeuvres, qui fait date dans l'histoire de l'humanisme et du féminisme, elle recommande aux femmes de son temps de se cultiver, "non en beauté seulement, mais en science et vertu passer ou égaler les hommes". Elle est la première femme en France à publier une oeuvre de prose et la première femme de Lyon à être publiée de son vivant.

Selon certains, Labé a tenu à Lyon un salon littéraire et artistique où elle a reçu la société la plus distinguée et la plus lettrée : entre autres, Maurice Scève, Charles Fontaine, Antoine Du Moulin, Pontus de Tyard, Claude Rubys et Olivier de Magny. C'est ce dernier, poète aussi, qui est censé être l'homme à qui elle s'adresse dans ses poèmes amoureux. Ce qui est sûr, c'est qu'elle baignait dans le milieu humaniste florissant de Lyon. Fougueuse et indépendante, Labé est l'une des premières féministes de l'histoire. Elle ose exprimer sa passion et son désir: s'opposant aux conventions sociales et à la tradition pétrarquiste, elle démontre qu'une femme n'est pas seulement objet de désir mais sujet ardent.

Sources:

Louise Labé, Oeuvres complètes, éd. François Rigolot, Garnier-Flammarion, 1986.

Karine Berriot, Louise Labé: la belle rebelle et le françois nouveau, Editions du Seuil: Paris, 1985.

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